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[INTERVIEW] roi* : "le nerd bizarre et discret du fond de la classe"
De ROISVCKS à roi*, le producteur français revient sur son riddim minimal, ses samples, le support de Skrillex et pourquoi la musique — comme la vie — ne doit pas se prendre au sérieux.
![Image de couverture - [INTERVIEW] roi* : "le nerd bizarre et discret du fond de la classe"](/cover/roi.jpg)
Crédit photo : shotbytiffr
Minimal, sec, bizarre, précis — et parfois drôle. roi* a construit l'un des sons les plus reconnaissables du riddim actuel sans jamais se prendre trop au sérieux. Anciennement connu sous le nom de ROISVCKS, le producteur français a transformé des basses agressives, des samples bien choisis et une personnalité discrètement décalée en un projet qui a explosé très vite : trois mois pour atteindre le même nombre d'abonnés que son alias principal, le support de Skrillex sur Roi The Digger, et une présence live qui ne cesse de grandir en Europe.
Dubstep Mag a échangé par écrit avec roi* sur son nom, son son, la scène française et la suite du projet.
Dubstep Mag : Pour quelqu'un qui te découvre aujourd'hui, qui est roi en une phrase ?*
roi* : Je dirais que je suis le nerd bizarre et discret du fond de la classe qui fait une blague qui fait marrer toute la classe tous les deux jours.
Dubstep Mag : Avant roi, il y avait ROISVCKS. Qu'est-ce qui a changé entre ces deux époques ?*
roi* : Je pense que j'ai compris ce que j'aimais vraiment, c'est-à-dire des trucs plus minimalistes et plus simples. C'est pour ça que je suis dans le riddim maintenant.
Dubstep Mag : Pourquoi le nom roi, et pourquoi l'astérisque ?*
roi* : Le nom "roi" a une longue histoire ! Pour l'astérisque, je l'ai tapé par accident et j'ai trouvé ça cool... Voilà.
Dubstep Mag : À quel moment as-tu senti que roi était devenu un vrai projet avec sa propre identité ?*
roi* : Quand j'ai lancé ce projet, j'avais encore mon projet "principal" en parallèle, et j'ai atteint autant d'abonnés que ce dernier en seulement trois mois. Ça m'a fait réaliser que j'étais plus fait pour le riddim que pour le dubstep heavy classique.
Dubstep Mag : Comment décrirais-tu ton son à quelqu'un qui ne connaît pas le riddim ou le dubstep ?
roi* : Quand on me demande ce que je fais, je dis que je fais de la musique qui fait boum boum.
Dubstep Mag : Qu'est-ce qui fait qu'un morceau sonne comme roi ?*
roi* : Je dirais l'usage des samples et probablement les basses agressives qu'on entend dans ma musique.
Dubstep Mag : Ta musique paraît souvent minimale, sèche, bizarre, précise et parfois drôle. Est-ce intentionnel ?
roi* : Oui ! J'essaie toujours de choisir des samples qui collent aux fréquences pour que tout reste clair à l'écoute. Je trouve aussi cool de mettre un peu de délire dans la musique — ce n'est pas si sérieux que ça.
Dubstep Mag : L'humour fait-il partie de ta musique, ou plutôt de ta façon de te présenter ?
roi* : Je dirais les deux. Je pense qu'il est important de se rappeler que rien n'est si sérieux, ni dans la musique ni dans la vie. Je suis là pour rigoler et faire sourire tout le monde.
Dubstep Mag : Comment commences-tu en général un morceau : avec un son, un rythme, un vocal, un titre ou une idée de drop ?
roi* : Je commence toujours par la basse principale du drop. Comme c'est la partie la plus importante du morceau, j'ai besoin de partir d'une bonne base.
Dubstep Mag : Comment sais-tu qu'un drop fonctionne vraiment ?
roi* : Quand je rigole en écoutant ce que je fais et que je me dis "yeaaaah".
Dubstep Mag : Quelle est la différence entre un morceau qui marche en ligne et un morceau qui détruit un club ?
roi* : Quand les gens crient le vocal de predrop dans les commentaires et en vrai.
Dubstep Mag : Produis-tu en pensant aux réactions live, aux doubles et aux DJs ?
roi* : La seule chose que j'ai en tête quand je produis, c'est le fun. Les gens trouveront toujours un moyen de jouer ou d'aimer ce que je fais, parce que je fais de la musique, pas des outils pour le club.
Dubstep Mag : Si quelqu'un découvre roi aujourd'hui, quels sont les cinq morceaux par lesquels commencer ?*
roi* : Il y a une fonctionnalité sur SoundCloud qui permet de choisir cinq morceaux à afficher sur ton profil. Je dirais donc d'aller voir cette petite fonctionnalité.
Dubstep Mag : Quel morceau a changé quelque chose pour toi, en ligne, en live ou via le support de DJs ?
roi* : Ce sera clairement "Roi The Digger". C'était le premier morceau qui a vraiment marché pour moi. Il a même fini par être joué par Skrillex.
Dubstep Mag : Comment vois-tu la scène riddim/dubstep française en ce moment ?
roi* : Je trouve que c'est incroyablement dur pour les Français de vivre de notre musique. Tout le monde sort de la musique de ouf, mais personne n'a l'attention qu'il mérite.
Dubstep Mag : Qu'est-ce que la scène française a et que les gens hors de France ne voient pas vraiment ?
roi* : La passion pour la musique. Comme je l'ai dit, c'est très rare ici de vivre de la musique, donc tout le monde pousse son son au maximum.
Dubstep Mag : Qu'est-ce que les gens comprennent souvent mal sur roi ?*
roi* : Peut-être que j'ai une personnalité très différente de celle du DJ moyen en ligne. Je suis assez introverti et j'ai une batterie sociale très limitée.
Dubstep Mag : Que peut-on attendre de la prochaine phase de roi ?*
roi* : Plus de collabs, plus de morceaux, plus de dates, plus de merch, plus de plaques !
Suivre roi*
- SoundCloud : soundcloud.com/roidubs
- Bandcamp : roidubs.bandcamp.com